Milieux-humides

Le sujet des milieux humides me touche particulièrement. J’ai passé toute ma jeunesse entourée de marécages. Un monde mystérieux, vibrant et très sonore où nos petites bottes de caoutchouc y restaient englouties! Les milieux humides au Québec sont en danger. Imaginez un peu si tout un écosystème est en danger, combien d’espèces d’animaux et de plantes le sont? Sans compter qu’il s’agit de milieux essentiels dans la lutte contre les changements climatiques et les inondations. Elles filtrent l’eau et abreuvent les animaux. En chiffre nous avons plus de 14 millions de mètres carrés de milieux humides détruits entre 2017 et 2022 dont près de 4 millions détruits illégalement. Les marécages de ma jeunesse se sont fait détruire peu à peu avec les nouvelles générations qui s’y sont installées, il ne reste que quelques bribes entre deux remplissages. Les grenouilles ne croassent presque plus, les libellules se font rares, c’est un triste portrait.

Bélugas

Dans ces œuvres, je représente des bélugas échoués, perdus, vides, piégés. Du haut de ma tour enchantée, regardant les couleurs de l’automne, je pense au béluga en danger plus bas dans le fleuve. Ce fleuve qui coule devant chez moi et qui subit le harcèlement de l’Homme. La série montre la pollution par le plastique, ingéré quotidiennement par la faune du fleuve et qui tue sans remords.

Baleines

Majestueuses visiteuses du Saint-Laurent, menacées.

Par le bruit, la pollution et le réchauffement, elles sont les témoins d’un écosystème fragile.

Ours Polaires

En Arctique, le réchauffement climatique est 2 à 4 fois plus rapide qu’ailleurs dans le monde. Les populations d’ours polaires, surtout dans le sud et l’ouest de la baie d’Hudson, sont donc aux premières loges des changements climatiques et déclinent sans cesse. Dans cette région, les ours se sont vus passer de 842 individus en 2016 à 618 en 2022. Si la température augmente au-delà de 2 degrés Celsius, ces animaux emblématiques du Pôle Nord ne survivront probablement pas. L’ours polaire est non seulement essentiel pour la vie culturelle, la nutrition et les finances des peuples autochtones, mais il est également un indicateur de la santé de l’écosystème arctique par sa position au sommet de la chaîne alimentaire. Pour moi, sans vouloir lui enlever son tempérament de prédateur redoutable, il est vrai que son apparence «nounours», son poil duveteux, ses yeux tendres et son joli museau aident à attendrir mon cœur. J’imagine alors être un ours polaire et je me retrouve sur la glace ou la terre, sous le soleil trop chaud, entouré de plantes plus tropicales qu’arctiques, ou carrément je déambule au centre-ville.

Caribous

Perturbés par l’activité humaine, les populations de caribous de la Gaspésie, du Nord du Québec et de la Côte Nord déclinent. Cette activité humaine s’étend de la destruction de leur habitat (coupes forestières et brûlis) à la transformation du paysage forestier qui augmente la prédation (ours, coyotes et loups) sur les faons et adultes. De plus, la forêt maintenant trop jeune, ne peut subvenir aux besoins nutritionnels du caribou. Le déclin du caribou dans ces trois régions du Québec contribue au risque d’extinction de cet animal emblématique.

Dans mes œuvres, les caribous sont à découvert, ils deviennent une proie facile pour leurs prédateurs. Comme pour beaucoup d’espèces animales, l’habitat de l’homme s’élargit tandis que celui du caribou diminue, s’en suit l’inévitable face-à-face entre l’animal et l'humain. Rencontre qui devrait faire sonner des alarmes dans nos têtes et engendrer un questionnement.